Quelqu’un m’aborde-t-il (Till ou un autre)… Un quidam, une dame c’est selon, et qu’importe ! Une personne… Mais je ne suis pas de ceux-la ! Qu’il dirige ses pas vers eux… Mais de quoi se prévaut-elle ?
De quelle privauté veut-elle profiter, de quelle privacy me priver ?
Mais à mon grand dam, le quidam (il revient sur mes pas) m’aborde - (ses pas ne me reviennent pas-.
« Votre tête me revient.. dit-il.
- Ça arrive parfois... »
Pour aller dans son sens, je lui fais bonne figure.
« N’en faites rien , continuez ainsi. demeurez comme vous êtes » s’exclame-t-il.
Il en a de bonnes ! Je marque un arrêt. Il poursuit :
« Venons en à ce qui vous amène là..... »
Voyez comme il y va ! Vais-je lui dire d’aller voir ailleurs si j’y suis.
D’ailleurs je l’entends dire, railleur :
« Souvent on va chercher ailleurs ce qui est ici. Mais pourquoi rallier d’autres cieux ? ils ne sont pas meilleurs.
- Ce que vous avancez, va loin, concédé-je.
- Quand je pense ! Pour un peu, nous nous manquions, vous étiez là à deux pas et je passai à côté... Alors sans vouloir vous heurter, permettez que je poursuive.
Et c’est parti.Il croit pénétrer mes pensées, il va jusqu’à m’en prêter des arrières. Je n en reviens pas :
« Vous n’y êtes pas ! »
Il avance n’importe quoi ! Il va me mettre sur la voie.,.je ne demande qu’à savoir.
Il s’éclaircit la voix. J’en profite pour regarder.
Je crois y distinguer sa volonté de m’amener à ses vues. Je ne le suis pas, il m’emboite le pas
Faut-il allonger cet échange ? À la fin il va me mettre en retard. Je vais le remettre à sa place.
Il ne tient pas en place. Il se mettrait en quatre que je n’en reconnaitrais aucun.
Il poursuit. Que cherche-t-il à faire ressortir ?
Il se prévaut du premier pas ! Ce n’est pas ce qui va m’arrêter, un faux pas est vite arrivé
Je le prends à part.Je lui dis de ne pas aller plus loin :
« Nous nous en tiendrons là. Je ne vous retiens pas. »
Il n’en tient pas cas. Pas même du tiers même pas du quart. Il enjoint d’aller de conserve :
« Restons sur le trottoir. »
Je n‘en veux pas, je marque le pas :
« Je n’en veux PAS! »
Je maintiens ma position, manquerait plus que je recule, ça n avance à rien.
Ça risque de nous mener loin surtout moi s’il ne suit pas.
« Si j‘étais vous - mais il ne l’est pas - je me mettrai à ma place… »
Allons-nous nous prendre à parti? Y irait-on quérir quelque querelle, chercher chamaille, courir la rixe ?
Je ne m’arrêterai pas à ça Avoir pris le parti de partir c'est être de parti pris. Du parti de la fuite, du parti de la fuite-en-avant, du parti de partir. du choix dont on fait les fugues
Je m’enquiers d’un tiers qui me sorte de là.
Quand soudain il s’inquiète du car. Nous sommes arrivés à la station en effet ! Je me mets en quatre pour le seconder
« Vous êtes singulier ! »
L’autocar de la ligne A
Il est reparti. Non pas chez lui - Il est partout chez lui - quelque part.
Quant à moi, je reste là. Je tourne en rond. C’est frappant, après coup, cette impression d’être un peu à part. Loin de tout.
CARMIQUEL. Quant-à-soi
(Le Train des Choses)