AUBE
la nuit traîne lanterne
de l’éternel s’étrenne
la nue encore nocturne
tout récemment auburn
bleuit
c’est aujourd’hui mais encore de nuit
nuit d’hui encore un peu
l’aube se présente de loin
tout porte à la croire
- aujourd’hui sera loyal -
déjà à l’aube retour de l’aurore
azur drapé de gloire et de « bien sûr… »
du jour se fait
qui s’éclaire de son gré
la couleur d’abord et puis son éclat
c’est l’aujourd’hui d’après ma nuit
c’est aujourd’hui voilà
à chaque jour son jour
le matin se fait jour
nous établit dans son état
encore est-ce
de paresse
il se distrait se disperse
de l’allégresse y perce
rien ne s’est encore rendu nécessaire
l’aurore donne
l’air se fait lourd
le futur se fait jour
un éclat en sourd
sur ce la brume
moiteur superflue
effluve révolue
s’enfuit
et à rebours
l’alentour
d’arôme
embaume
la nuit n’est restée qu’au dos des choses
l’ombre se cache derrière les arbres
la combe est noire quand la cime est d’or
Illuminés
voilà corps et biens
flambant neufs
à la vue retrouvée
entre le pressant et l’inactuel
la lumière tranche
arrêt / clarté comme acclamée
une incartade hors du sommeil et se revoilà
à devoir incarner notre moi
- si dans la nuit mon corps m’a conservé
vivre est de mon fait désormais -
malin plaisir du matin
la vivacité est recouvrée
la mobilité délivrée
et nos habiletés habilitées
le présent maintenant est en sécurité
tout le vieilli de la veille
tout l’ajourné au lendemain
revient à l’ordre du jour:
l’éveil préempte les disponibilités
tout semble mieux au fait
c’est tout indiqué
ma silhouette me rejoint
je lui emboite le pas
le temps se retire au profit de l’horaire
maintenant c’est maille à partir
qu’on a
sur le champ ici
s'affairer déjà
la tâche coutumière
la peine journalière
- le pain quotidien -
c’est à notre main
l’actuel en tant que tel
actif présomptif agité
frais du jour
n’est pas inhabituel
le train-train d’hier va
sur les rails de demain
il s’agit nommément
de management d’agencement
... de remuements
à nous confiés en main propre
pour un moment
ce qui est au gout du jour
s’entend de vives voix
dans les radios sur les écrans
le voilà vite sur toutes les lèvres
la journée se lustre le temps la patine
c’est à porter à son actif
°°° un jour comme les autres ou sans pareil ?°°°
un impromptu et tout est rompu
à l’imprévu rendu
promis à l’aventure de l’invécu
un grand jour ?
quoi donc viendra l’illustrer ?
luxes luxures et lucre
ou luttes ...
on en revient toujours là
fastes frasques tout à trac
et fatras
et fracas
le jour nous met dans le même sac
le quotidien nous fait contemporains
Que ce jour face date
ou s’offre à s’oublier sine die
l’aurore reviendra demain
remettre ce qui est à refaire
CARMIQUEL Aubes