Du Moyen-Age sortit l'Université et de l'Université sortirent le médecin, l'avocat (ou le notaire), le professeur. Le premier partait soigner, le second défendre, le troisième instruire. L'un
formulait des diagnostic, l'autre prononçait des plaidoiries, le dernier dispensait des cours. L'un appuyé au barreau, l'autre au-dessus de la table d'opération, le dernier du haut de la
chaire.
Aujourd'hui ces trois vocations souffrent diversement.
Les premiers, les hommes de lois ne s'en tirent pas trop mal. bien que (ou parce que ?) ils aient conservé plus que les autres leur vieux statut libéral. Ils ont pris langue avec la finance et
dans ce monde de paperasses et de contrats, de chicanes et de garanties, ils se sont rendus indispensables et touchent leur part du gâteau.
Les seconds ont maille à partir avec la bureaucratie de l'État (ses contrôleurs, ses gestionnaires, ses comptables...).On les tient responsables de la gabégie qui touche à la Santé. Comme ils ont
parti lié avec la Science, on les respecte encore un peu et on n'ose penser à leur place et surtout pratiquer; quelque chose de libéral reste encore attaché à leur statut et à leur pratique..
Les derniers ont rendu les armes depuis longtemps; ils se sont inféodés au Politique en pensant servir le Progrès. Le pouvoir en a fait des fonctionnaires, et les traite en employés. Sa
bureaucratie les a évincé de toute guidance de l'enseignement.
Du Moyen-Age sortit un modèle de métier: le praticien. la révolution industrielle y ajouta une variante: l'ingénieur. L'État bureaucratique ne connait qu'un modèle car c'est le seul qu'il sait
gérer: l'employé. Il fait tout pour ramener tout le monde à ce modèle. Même le marchand. Même l'artiste.