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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 08:59

S'il devait n'en rester qu'une seule:
A la sortie de son procès, sur le parvis du tribunal Marion Jones qui vient d'être condamnée. Pour dopage. La sentence est lourde et elle sait que demain on retirera son nom des tablettes olympiques.
Devant la Presse, elle répète ses aveux, assume ses forfaits, fait contrition, fait repentance.
Cheveux tirés, tailleurs strict, visage hâve.
Où est la pin-up des starting-blocks, la jeune athlète aux fins de courses irrésistibles, la jeune femme éclatante devant les caméras, drapée du drapeau américain et acclamée par tout un stade:
À l'esthétique d"Esthée Lauder succède ici le pathétique sulpicien.
Mais on est toujours au spectacle.
Devant leur écrans des millions de jeunes gens, de jeunes filles la voient, la verront, en boucle, qui dénonce les faussetés, les faux-semblants, les mensonges de cette société dont elle était l'idole.
L'icône de la revanche des humiliés, de la noire émancipée par le sport, de l'exaltation de soi dans la compétition avec les autres. de la starisation par la médiatisation des caprices et des déviances d'une vie de moins en moins privée, de plus en plus friquée.
Avec elle on pouvait - on devait - croire que la gloire était au bout de l'effort. de la confiance en soi, du dépassement de soi. Elle ruine là cette croyance. Et toutes les autres qui allaient avec...
Mais les millions d'yeux qui la regardent voient aussi que tournent encore les caméra et qu'une gloire nouvelle jaillit de la déploration, de la dénonciation, de l'exaltation de l'innocence trompée, de la pureté native que rien ne vient ici-bas récompenser, sauf le feu peut-être.

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