Valter Hégo: - L' Éducation manque cruellement de moyens, vous ne pouvez en disconvenir?
JeT: - Qu'attendez-vous de moi? Que je commente si manquer de moyens est cruel ou s'il manque des moyens à l'enseignant?
VH: - Commençons par le dernier et nous verrons le premier si nous avons le temps.
JeT: - Bien. Voyons donc d'abord quels sont les moyens de l'enseignant?J'en vois trois: le tableau et la craie, le livre.
Bien sûr, on peut élargir notre regard et considérer qu'il peut lui manquer sa chaise, son armoire, voire son bureau. Cela arrive mais c'est rare. Nous n'en parlerons pas.
Il peut lui manquer aussi des élèves. Soit qu'on lui en ait enlevé pour les occuper à des tâches plus importantes (excursions, rencontres, sensibilisations, échanges... Soit qu'ils s"abstiennent
eux-même, de leur propre chef de se présenter. On pourrait certes en augmenter le nombre en faisant passer en situation d' élèves des citoyens qui ne relèvent pas encore de cette catégorie Mais
c'est de la politique, nous n'en parlerons pas non plus...
D'ailleurs d'une manière générale l'enseignant ne tient pas à avoir un nombre déraisonnable d'élèves. Plutôt moins que trop.
VH : - Vous pourriez aussi avancer qu'il manque d'heures.
JeT : - Certes mais je vous ferai les mêmes réponses. en constatant ici que, en donnant davantage d'heures aux uns, on ajoute des heures aux autres et que personne, je veux dire ni les
enseignants ni les élèves ne souhaite faire plus d'heures et ne le réclame et que donc on ne peut parler d'un manque. Certes on pourrait penser que le donneur d'ordre (l'État), souhaitant un
meilleur niveau de ses citoyens impose des rallonges mais quand il en calcule le coût, il préfère garder le silence. D'autres éventuels bénéficiaires de la présence augmentée des enfants dans les
établissements, les parents par exemple, craignent devoir changer quelque chose au calendrier de leurs congés si difficilement mis au point.
VH: - Donc nous en revenons à: le livre, la craie, le tableau.
JeT: - Voilà. Doit-on faire plus? Peut-on mettre plus de tableau? Un par classe est le nombre généralement admis, toutes écoles de pensée pédagogique confondues. Et reconnaissons que c'est ce qui
prévaut largement sur le terrain.
VH: - Grâce peut-être à cette unanimité...
JeT: - C'est vrai la chicane est mauvaise conseillère. Sur la craie aussi le consensus est large. Et si l'enseignant se retrouve un petit matin fort dépourvu, c'est le fait d'une - compréhensible
- étourderie de l'administration. Qui à tant de chats plus importants à fouetter. La situation est plus complexe avec le feutre si le tableau est blanc. Là la pénurie est bizarrement plus
fréquente. Mais si le professeur a pris la précaution, au prix de quelques deniers bien à lui, de s'équiper avec ses propres fournitures, il ne connaît pas le manque.
VH: - Vous pourriez évoquer la photocopieuse...
JeT: - Non, l'équipement est largement suffisant, il n'est qu'à voir la quantité de notes, circulaires, mises au point, rappels que l'administration est capable de prodiguer à l'aide de cet
engin. Certes quand vient le tour de l'enseignant d'en faire usage le papier vient à manquer- il y un limite à tout; mais il lui suffirait d'utiliser le verso des documents administratifs-
rarement employés, pour pallier cet inconvénient. Et puis enfin il a bien une imprimante chez lui avec son ordinateur? Et elle fait photocopieuse!