Notre école républicaine se fait un honneur de mêler tous les enfants de France toute la durée de leur enfance, et qu’aucun ne puisse y être un étranger pour l’autre.
Les résultats ne sont pas (ou plus) ce que,l’on croit.
Demandez-vous: avec quel sentiments laissent-ils l’ëcole obligatoire nos forts en thème, nos têtes d’oeufs - tous ceux-là, intéressés par nature, dociles par inclination travailleurs par disposition, participatifs par innocence (pour ne pas parler de toutes leurs qualités reçues de par leur origine sociale (distinguée bien sûr) qui y est pour beaucoup assurément - qui ont subi, vécu, dans l’école, les humiliations des malins par disposition, paresseux par indolence, brutaux par complexion… qui ont subi avec un longue patience que ce soient justement ceux-la qui accaparent le souci, les rires, les secours, les indulgences et toutes les lâchetés maquillées de leurs enseignants...
Oui, avec quels sentiments pensez-vous songent-ils à leur scolarité?
Ne vous étonnez pas outre mesure que, devenus cadres nos chères têtes pleines le soient désormais d’égoïsme, de mépris, de cruauté.
On semble considérer qu'il faut intéresser avant d'instruire. C'est donc qu'on considère qu'il n'y a pas d'intérêt dans l'instruction. Curieuse conception surtout si elle habite ceux qui ont de la joie à instruire. Car dès lors il est à craindre qu’ils concentrent la plus alerte de leur énergie (et jusqu'à l’épuisement) à capter l’intérêt avant même d'avoir commencé à instruire. À l'image de la bureaucratie, qui a consommé tous ses crédits quand vient le moment de faire oeuvre.
Tel qui émeut sa classe de la disparition d’un poisson du Rio de la Plata ou d’un insecte du Minas Gerais et ne dit rien de l’extinction de la deuxième personne du pluriel ou du passé antérieur de l’indicatif devrait réfléchir davantage sur ses manuels que se pencher sur les magazines.
Dès lors que les livres scolaires, furent donnés gratuits, la lecture perdit tout le charme d’un devoir, d’un mérite, d’un juste gratification.
Le livre, sa possession, son entretien sa conservation de même quitta l’ordre le champ des soucis
Son aspect défraichi, sa fragilité parut le reflet de son contenu
On ne l’ouvrait plus que de loin en loin.
Du neuf, du vivant, de l’urgent dont on devait instruire, il suffisait de le tirer de la télé de la veille.
Existe-t-il une éducation nationale quand au discours: « Vous n’irez pas tous en première mais tous ceux qui y iront feront tous le même programme. » a succédé le discours - et la pratique - : «Vous irez tous en première mais vous n’y ferez pas tous le même chose. »