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27 mars 2007 2 27 /03 /mars /2007 18:49

Du Moyen-Age sortit l'Université et de l'Université sortirent le médecin, l'avocat (ou le notaire), le professeur. Le premier partait soigner, le second défendre, le troisième instruire. L'un formulait des diagnostic, l'autre prononçait des plaidoiries, le dernier dispensait des cours. L'un appuyé au barreau, l'autre au-dessus de la table d'opération, le dernier du haut de la chaire.
Aujourd'hui ces trois vocations souffrent diversement.
Les premiers, les hommes de lois ne s'en tirent pas trop mal. bien que (ou parce que ?) ils aient conservé plus que les autres leur vieux statut libéral. Ils ont pris langue avec la finance et dans ce monde de paperasses et de contrats, de chicanes et de garanties, ils se sont rendus indispensables et touchent leur part du gâteau.
Les seconds ont maille à partir avec la bureaucratie de l'État (ses contrôleurs, ses gestionnaires, ses comptables...).On les tient responsables de la gabégie qui touche à la Santé. Comme ils ont parti lié avec la Science, on les respecte encore un peu et on n'ose penser à leur place et surtout pratiquer; quelque chose de libéral reste encore attaché à leur statut et à leur pratique..
Les derniers ont rendu les armes depuis longtemps; ils se sont inféodés au Politique en pensant servir le Progrès. Le pouvoir en a fait des fonctionnaires, et les traite en employés. Sa bureaucratie les a évincé de toute guidance de l'enseignement.
Du Moyen-Age sortit un modèle de métier: le praticien. la révolution industrielle y ajouta une variante: l'ingénieur. L'État bureaucratique ne connait qu'un modèle car c'est le seul qu'il sait gérer: l'employé. Il fait tout pour ramener tout le monde à ce modèle. Même le marchand. Même l'artiste.

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16 mars 2007 5 16 /03 /mars /2007 10:44

Quoi qu'il en soit
à me penser tu verses
et ce penser caresse
et ce penser oppresse
penser à moi ne cesse.

Car je suis pour toi
comme le dé au doigt
comme l'ardoise au toit
comme le sève au bois.

À me penser tu verses
comme un convoi
et me penser te berce
comme une voix

Car je suis pour toi
comme le large au détroit
comme la brise au pavois
comme l'aube au charroi.

Me penser te caresse
comme une soie
Et te bouleverse
comme un hautbois.

Car je suis pour toi
comme le braise au bois
comme la corde au réa
comme l'arpège aux doigts.

Mon souvenir t'oppresse
comme un émoi.
Penser à moi ne cesse
comme une Foi.

Car je suis pour toi
comme le meute au chamois
comme la serre à la proie
comme le cor aux abois.

Sur tes pensées j'exerce
comme une loi
et l'amour te dresse
comme une croix.

Car je suis pour toi
comme l'arrêt au Droit
comme le Chrème au roi
comme l'ascèse au Moi.

Carmiquel

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9 mars 2007 5 09 /03 /mars /2007 14:28

À quel signe reconnaîtra-t-on une pensée véritablement réformatrice de notre enseignement? À ce qu'elle cessera de prendre le mal pour le remède.
Qu'elle dira avec l'assurance des convictions tranquilles:
-non pas qu'il faut encore plus de contrôle continu pour mesurer seulement ce que l'on a appris la veille, avant de l'oublier le lendemain, mais qu'il n'en faut plus du tout. Et qu' au contraire il faut des contrôles différés pour lesquels on se rend capable retenir maintenant ce qu'on a appris pour plus tard.
- que, considérant qu'il y a davantage de chances qu'un élève rencontre la citoyennetél chez Corneille que le sens du devoir, le goût de l'honneur, l'amour de la patrie dans le Code de la Route, il faut rendre au premier les heures prises pour l'étude du second.
On peut chercher d'autres exemples. On en trouvera.

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8 mars 2007 4 08 /03 /mars /2007 11:21

N'arrive-t-il jamais que, lorsque sur le plateau, tombe, de la régie, l'avertissement: "Vous êtes à l'image...", le présentateur n'ajoute en lui-même:"... de Dieu"?


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16 février 2007 5 16 /02 /février /2007 16:22

Absence
des sens
Mouvance
des dos
Fragrance
des peaux
Potence
des faux
Présence des mots
des mots.
Carmiquel

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13 février 2007 2 13 /02 /février /2007 10:18

L'imaginaire se mondialise aussi et il est américain. Son foyer réside à Hollywood et ses succursales. Perrault ne compte pour rien mais Tolkien.
Cet imaginaire anglo-saxon joue avec le fantastique et sur deux registres: la fiction scientifique (souvent extra-terrestre) et la fiction magicienne (presque toujours moyenâgeuse). E.T et le Seigneur des Anneaux. Star Wars méle le vaisseau spatial et l'épée (laser) pour emballer tout le monde.
Ces mondes ne sont pas nôtres. Dans ce domaine notre production reste stérile. Aussi la culture francophone réagit-elle comme l'élève face à ce qui dépasse son entendement: le ricanement.
Le fantastique se dégrade dans le comique. Louis de Funes gendarme les extra-terrestres et replonge son nez dans la soupe au chou, Christian Clavier, visiteur à son corps défendant, penche davantage pour le trivial que pour la poursuite d'un quelconque graal.
S'il y a du fantastique chez nous c'est un Dan Brown qui l'y trouve. Dans le fonds d'un christianisme qui, pour nous, est le ramassis de superstitions surannées, il nous fait croire, troublés mais fascinés, à l'avancée d'une Initiation occulte mais souveraine.

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9 février 2007 5 09 /02 /février /2007 11:01

Pour les journaux télévisés, il y a deux sortes de délinquants: les "bien connus des services de police" et les "jamais encore signalé comme dangereux".
La mention à propos des premiers semble traduire comme une circonstance atténuante. (Si la victime partageait ce sentiment, on omet de nous le dire). Le jugement à propos du second semble plus sévère.
Cette forte distinction laisse penser que le premier exerçait sa pratique sans trop de tracasseries. Et que le second échappait au pronostic par une conduite benoîte mais torve.
C'est ce dernier qui soulève la plus vive réprobation
En effet si le premier reléve de la prévention qu'on s'est gardé de faire, le second dénonce le pronostic qu'on n'a pas su faire. Le premier est une pomme pour la soif, le second une pierre dans le jardin. On voit à qui va la préférence.
Et puis il y a tout ce dérangement de paperasserie: en enfermant , peut être précocement le premier on doit lui faire quitter la colonne des individus à se méfier pour la colonne des prévenus. Et faire entrer le second dans la colonne que le premier vient d' allonger.
Et quand ça bouge dans les colonnes, la Police n'aime pas ça. Et la Télé compatit.

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31 janvier 2007 3 31 /01 /janvier /2007 15:41

Il est des veuves qui ont tant de piété dans le souvenir qu'on envie le défunt.

On passe parfois pour un gros macho quand on n' a été qu'un peu manchot.

Que veut-il celui qui vous demande de lui demander pardon s'il n'est pas dans la disposition de vous l'accorder. Gardez votre repentir pour vous. Et que la haine le quitte.

Hôte ou hostile: l'autre.

En haut-débit, on voit surtout des glands.

On se demande à quoi peuvent bien servir les Pacifistes puisque c'est dans les pays qui ne sont pas belliqueux qu'ils motionnent, pétitionnent et proccessionnent.

Pour la Droite, tout est don. Pour la Gauche tout est dû.
Pour la Gauche, tout est affaire de droit. Pour la Droite, le droit aux affaires c'est tout.

N'attendons pas grand chose du règne de la Femme à venir: on gagnera peu à passer de la paranoïa de la volonté de puissance à l'hystérie du sentimentalisme.

Enseigner ce n'est pas seulement forcer à apprendre mais aussi apprendre à forcer.

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17 janvier 2007 3 17 /01 /janvier /2007 11:16

Au journal télévisé: dans la vallée du Gard, le Directeur annonce à son personnel que l'usine est "délocalisée". On y fabriquait des collants.
C'est à Ganges que la Pompadour commandait ses bas de soie.
L'Histoire aime traîner dans les mêmes lieux longtemps. Mais enfin elle se lasse quand elle voit ses faveurs tenues pour droits acquis et passe ailleurs.
Dans les années cinquante l'Avenir posait deux problèmes: l'amélioration de nos conditions de vie et le décollage du "Tiers-Monde".
La pensée progressiste avait la réponse: transférer nos industries textiles qui n' offraient que des conditions sans attrait et des rémunérations modiques vers les pays en voie de décolonisation afin qu'ils empruntent la même route du développement que l'Europe au XIXé: l'industrialisation par les filatures. En parallèle nos jeunes génération grâce à la généralisation de l'Éducation pourrait s'employer dans les métiers neufs développés par la modernisation et l'innovation. Le sens de la justice et celui de l'histoire iraient donc de conserve.
Ce projet fut au centre des meetings, des colloques, des congrès des organisations internationales, des états, des syndicats, des partis politiques.
On en vit bien peu d'effet.
Ce que ne fit pas la coopération, le Capitalisme le fit qui envoya faire ses T shirts au Maghreb, en Inde, en Chine...
Conjointement on perdit le souci d 'une Éducation générale exigeante. On mit en regard du Ministère du Travail un Ministère du Temps Libre, que l'on confia au premier secrétaire des syndicalistes enseignants. Il n'eut pas à faire grand chose, le chômage s'en chargea à sa place.
Les deux volets du Progrès révé hier sont devenus les deux couteaux de la cisaille où nous sommes: plus d' usines tradionnelles pour les trop-peu-formés et plus assez de personnel d'excellence pour les usines d'avenir.

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9 janvier 2007 2 09 /01 /janvier /2007 09:19

J-e T - Ne m'en veuillez pas de prendre la parole au début de l' interview, c'est que je ne voudrais pas avoir à répondre aux questions que vous posez mais plutôt poser les questions pour lesquelles ma réflexion a une réponse. Sinon à quoi bon...
Je sais que l'usage de votre métier est de venir avec des questions préparées et de les poser à quelqu'un à qui il n'a pas été donné de préparer les réponses... Qu'importe si en l'occasion il est troublé et en cette occasion inférieur à lui-même, le naturel dans l'émission est préservé car li n'est rien de plus naturel, sans doute, qu'un journaliste fringant et un spécialiste empoté.
Vous me direz que vous venez m'interroger sur ce que je suis censé savoir. Mais êtes-vous sûr que ce que ce sont les questions auxquelles je sais répondre? C'est à dire justement celles que je me suis posées. Ou bien sont-ce les questions que, vous, vous vous posez? Et dans ce cas pourquoi est-ce moi qui en aurait la réponse.
Si vous avez trouvé chez moi les réponses à vos questions, cet entretien est inutile: vous pouvez exposer mes idées sans moi; Ou bien me les laisser les exprimer moi-même. Mais ce serait ruiner le métier. Le vôtre. En tout cas nous voilà revenu au début...
C'est la raison pour laquelle, afin d'être bien sûr que vous me poserez les questions auxquelles ma pensée réponds j'ai décidé de vous inventer de toute pièce.
Comme un autre moi-même en somme. Et qui n'en sait pas moins donc mais autant. Qui sait ce que j'ignore et donc juge inutile d'en parler mais qui n'ignore pas ce que je pense et comment, et m'en fait parler. Et puisqu'il vous faut une identité à défaut d'une personnalité, vous, mon alter ego, tiens! je vous prénomme Valter et vous nomme Hego.

V. HEGO - Puis-je vous poser une question?

J-eT - Je m'y attendais. Une de celles qui se posent d'elle-même... Et par exemple celle-ci: croyez-vous qu'on puisse épuiser par ses propres questions la pensée d' un autre?

V.HEGO - Je me la pose.

J-e T - J'y répondrai par le recours à nos deux jurisprudences: la littérature, l'histoire sainte.
Croyez-vous que tout Proust tient dans les réponses à son questionnaire qu'il avait pourtant conçu pour révéler les arcanes de quiconque y serait soumis? S'il ne restait que cela de Proust...
Et s'il n'était resté de Jésus Christ que ses réponses à l'interrogatoire de Caïphe, le monde serait-il le même aujourd'hui?

V.H - Il a répondu aussi aux questions des Apôtres..;

J-e T - Vous trouvez? Il donne des réponses aux questions auxquelles ils n'avaient pas pensé et pour les autres il leur dit qu'ils ont déjà la réponse. Cela n'encourage pas le bavardage.

V.H - Jésus Christ aurait mieux fait d'écrire son Journal intime au fond.

J-e T - Je ne m'étais jamais posé la question.


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