EMMAÜS
Y a personne autour de moi
pourquoi?
qu’en fut-il?
Où ont-ils étés?
Sont-ils encore?
Ils s’en furent.
ils sont en fuite
Je sais qu’ils fuirent
Je sais ce qu'ils fuient
ils fuient ce qu'ils furent
Je sais ce qu'ils surent
je suis ce qu'ils furent
je suivis ce qui fut
moi aussi
Moi aussi
j’ai fui
fuyard fidèle
félon féal
fuite fusion
quoi qu’il en soit
j’en suis là.
Quoi que je sois
Qui que je suis
Qu'est ce qu'il en est de moi
qu'est-ce qu'il en sera?
On me découvrira
on me reconnaîtra...
Qui?
...
Il y a quelqu’un qui est là!
Qui c’est?
Qui sait qui il est
Est-ce qu’il en est?
Qui sait qui est quoi...
C'est un fuyard comme moi
un qui en fut
un qui a fui
lui aussi
Et qu'est-ce qu'il est
de plus que moi?
quoi qu'il en ait
qu'il reste coi!
Il fait un signe
un signe de croix
il en est
comme moi
Il sait qui je suis
iI est comme moi
il a communié
Sa main donne signe de vie
Il saigne
il ne s’en cache pas
Je sais qui Il est
je sais qui est là
de ton sang il a fait signe ici
le lien la liesse l'alliance
et le salut est prédit
Dans sa main pas de ligne de vie
seule une goutte de sang y rosit
il est celui qui a dit
je suis le vin de ta vigne
le calice sur ta table
et le sel qui purifie ton vin de ses lies
et ta nappe de ses sanies
Maudites
les vignes sans raisins
les vies sans raison
le sarment suit la vendange
la vendange veille dans le sarment
prodigue est la vigne
de raisins de gourmands
Son vin c'est le sang de ma vie
il va comme ainsi que je vis
Sa main m’assigne à ma vie
un saignement signe le serment
le sens de la vie est à ma main
Lui sait qui je suis
Je suis celui
qui sait qu’IL est là
celui qui Est
Qu’il soit fait selon la loi
celle qu'on fiance en soi
à la conscience
à la foi
Qui je suis c'est Lui.
CARMIQUEL Emmaüs
Se faire voyant!... Certes... On hésite tout de même quand tant de voyants sont au rouge. Au gros et qui tache. Et leur page blanche ne l’est pas que de poudre aux yeux. De la blanche.
Ne sont-ils pas déjà assez voyants ceux qui ne ratent pas une occasion de se faire remarquer...
On peut bien perdre la mémoire puisque tout revient toujours pareil tout le temps. Amnésiques! le nouveau au moins nous semble neuf.
UNTEL, ACTUEL
Il est très commun d'entendre ce reproche envers les "intellectuels": il prennent leurs idées dans les livres.
Leurs contempteurs - comment les appeler? des extellectuels? - Les extellectuels donc, eux, ont des idées qui leur viennent « naturellement »?..
Parmi les faits que certains avancent pour abaisser le caquet de l’Occident, il y a celui que bien des sociétés anciennes disposeraient et depuis bien longtemps d’herboristeries bien plus fournies que les nôtres.
À croire que nous n’avons été bons qu’à bouffer du foin.
La photo a apporté cette révélation: que pour la beauté, le hasard fait parfois mieux que la maîtrise.
" Guerre à la guerre " tonnent les pacifistes.
" Guerre, à la guerre! " tonitruent les bellicistes.
Noyer le poisson, soit. Mais pas lâcher lamproie pour omble...
Son allure dit beaucoup, sinon trot.
L’inventaire se fait passer pour invention.
Trouver sa place: c’est le souci, avant la prise de vue, du photographe .
La question n’est pas là, dites-vous? Mais quand reviendra-t-elle? Devons nous attendre son retour?
Pour l’aborder peut-être est-ce vous qui n’êtes pas à la bonne place? Allez la chercher, faîtes la entrer, on vous demande que de faire le portier.
C’est de la question que nous tenons que la question se pose.
Prendre quelqu’un en otage de ses propres principes, c’est aussi un terrorisme.
Pour reconnaître dans le nouveau le retour du mal ancien, il faut ne pas avoir perdu ni vendu sa mémoire et, si l’on est jeune, ne pas avoir révoqué la culture.
Être démodé, c’est être comme tout le monde d’hier. Être à la mode c’est être d’aujourd’hui. Comme tout le monde aujourd’hui.
On en hurle jamais qu’avec des loups. Se faire hurlement à son tour c’est prêter sa voix à la cruauté
Si c’est la volonté qui accouche de l’avenir, alors la volonté de tant de gens aujourd’hui de se ranger parmi des victimes augure mal du futur.
L'Occident - latinité et chrétienté - est maintenant aux Amériques. Et l’Europe, délestée, penche étourdiment vers l'Orient.
La charge de la preuve appartient à l’accusation, pas à la rumeur
Est-ce le respect du secret de ses sources qui inspire le journaliste quand il interroge: « On dit… on prétend … ». L’interviouvé serait en droit de demander: « Qui est « on », dites et je lui répondrai?
À l’écran on nous présente le monde quadrangulé. Comme un poisson pané.
Quand on n’y est pas allé voir, ce qu’on raconte, c’est des racontars.
De l’ évidement nait le centre, de l’évitement la circonférence.
L’échelle des valeurs tient davantage le mur qu’elle n’est posée contre.
Où va le penne rien ne gâche.
L’homme n’est pas conditionné mais positionné.
Faire de l’Art avec de l’inculture, il n’y faut que de la ruse.
On prête à beaucoup un génie d’artistes qui ne faisaient oeuvre que d’artificiers.
Faire du dol art?
Qui cherche trouve le bonheur de chercher.
Tout oeuvre est autobiographique bien sûr: en cela que sa création a été un moment la vie de son auteur.
Nous n’aimons rien tant que que de mettre du bonheur dans la beauté.
Nous avons autant de vies que de maisons.
La culture c’est cela que nous avons en commun et nous fait nous reconnaître.
Toute chose a sa part de vérité...
Non. La vérité est à part entière et en toute chose qui y a part.
Elle fait le départ des choses.. La vérité est le cerne de la chose vraie. Elle est circonscrite. La chose dans sa circonscription, son chez soi, son intimité est la chose vrai. Son appartement et son département.
Elle l’auréole, la signale d’un halo pour qui veut regarder avec ses propres yeux. Au delà, rien n’est plus vrai.
Le vrai ne règne pas, il administre la vérité. Son régime ne commande pas mais ordonne, met bon ordre.
On est dans le vrai ou pas. La vérité est un lieu. On en sort, on la quitte… elle reste , elle, dans le vrai. Saura-t-on revenir? Reprendre position?
C’est de là seulement que l’on voit. La chose se montre en vrai.
De la vérité n’est pas dans chaque chose, mais la chose n’est qu’en vérité. Dans sa vérité la chose est enfin constituée, circonscrite à sa vérité, margée par l’erreur. Elle se révèle et l’avéré, révélé, le revélé vrai, a la beauté du rève.
Il n’y a pas une seule vérité pour tout et n’importe où mais tout a sa vérité
Partout où elle est, là est le vrai mais le vrai n’est pas partout.
Le faux se révèle au fur et à mesure que nous revenons vers la situation où la vérité est d’évidence: l’absurdité de la dernière guerre nous apparait de moins en moins évidente à mesure que nous entrons dans les conditions d’entreprendre la prochaine. Et le pacifisme de naguère nous devient l’erreur à ne pas faire aujourd’hui.
Plus tard vérité et fausseté se croiseront dans l’autre sens.
Le jet d’eau du bassin ressasse une eau brouillonne
le sommeil se refuse le songe vagabonde
et notre âme ce soir avec l’ennui va l’amble
Le ciel est un abime où les astres s’effondrent
l’avenir une énigme que notre angoisse sonde
Porterons-nous jamais notre vie à son comble?
Nos pères sont absents et dans la nuit résonne
des danses et des rondes sur des airs de sitars
ô femmes de nos pères
est-ce pour les narguer que vous dansez ce soir?
IIs vous ont acheté - pour qu'elles vous secondent !
quelques blanches captives aux nuques toute blondes
Que nous appelez-vous à rentrer dans la ronde?
Mais vous n'avez pour nous jamais un vrai regard
et votre moquerie transpire sous vos fards
et nous serrons les poings et nous mordons nos doigts
L’arène de nos cours est une aire trop ronde
le pur-sang y renâcle et le chameau bougonne
Notre vie n’est plus là - il faut qu’on les arçonne:
nous partons
Le remord vous morfonde!
Le chagrin est un poids qu'un jour on abandonne
Le pas qui se soulève
et le sabot qui va
laissent derrière soi un sable sans mémoire
Le chemin sera long puisque la terre est ronde
L’assaut des hamadas de leurs parois brutales
nous coute en escalades... et en dégringolades
Les lits des oueds, plus lents mais plus commodes
- la patience est de règle quand les crues les abondent -
guideront notre route
toujours vers plus d'amont.
Fort tard le soir au centre d’un bazar
de las contrebandiers sortent de nulle part
Au fond de leurs paniers ces lascars nous font voir
leurs lots de contrebande vendus avec l'espoir
que nous faisons commerce de nos beaux nonchaloirs
ils peuvent nous pousser durement dans le noir
du bout de leur poignard nous montrer les boudoirs
répandre sur le sol l'excellence des nards
nous avons la souplesse, les feintes des lézards
Venues de Trébizonde la mésange et l’aronde
choisiront notre route; Médine Golconde?
n’importe! Le chemin sera bon
tant que la terre abonde
Les rives des séguias ont des sables fragiles
retenons le galop de nos bêtes fébriles
laissons-les s’ébrouer aux eaux qui les fraichissent
Et puis rangeons nos frondes quand passent les palombes
Dans les douars certains soirs au chant de nos sitars
les fils des chameliers crânement nous font voir
de lascives piétés pleines de désespoir
Et l'amitié nous prend alors avec leurs rondes
où s’enroulent nos pas autour du feu qui gronde
À l'entrée des déserts les routes abandonnent
Mais le ciel transparent est une mappemonde
Désormais tout là-haut: portulans et calendes
Nous en savons les signes et lire la légende
Les lits des oueds ont des gorges profondes
la patience est la règle quand les crues les abondent:
laissons passer
sourds à l'écume qui monte
la charge de mouflons des eaux qui les inondent.
Le peuple des marais envoie en ambassade
ses plus belles enfants aux senteurs de muscade
les mères ont lâché leurs cheveux qui tombent en cascade
dans leur dos tout le long sur des reins à ruades
Elles aiment leur époux mais goutent nos manières
et prêtent sans ciller leur bien joli derrière
Les hommes ont disparu de toute la clairière
Les hommes ont disparu et nous laissent carrière:
un sang débilité coule dedans leur veines
Pour redonner des mâles à leur race guerrière
d'un trait de notre dard ils veulent qu'on écussonne
le tronc de leur lignée et ses branches graciles
Nous ne toucherons pas, pas cette fois encore
au vieil ordre des choses, à la marche du monde
nous verserons nos nards dans les croupes infécondes.
Les lits des oueds ont des rives friables
Arrêtons les sabots de nos bêtes exsangues
laissons passer le trot
des flots qui les agitent
Où la route abandonne et le retard s'invite
la patience est de règle et l'ennui est son lot
notre coeur est un eau qui vire au marigot
Avec un peu de chance l'attente n'est pas longue
voici venir bientôt avançant dans les joncs
haut-perchés et mouvants de tout jeunes garçons
étroits, droits et d'un noir de charbon
Nous n'avons entre nous nul secours d'un idiome
cependant nous parlons, d'une voix qui bougonne
ils aiment la menace qui perce la faconde
Et sombres sommeliers dès le soir ils font boire
les élixirs fatals aux désirs qui débordent
et coulent sur le sol leurs formes longilignes
sur le sable humecté des vins qui surabondent
Leur âme est droite aussi et jamais ils ne frondent
Leurs yeux noirs brûlent d'un feu où gronde
de lueurs d' insoumis qui jamais ne pardonnent
Le sable est une mer où les bêtes ahânent
et la dune s’écroule sous le sabot qui flanche
L’horizon est brûlant d’une lueur trop blanche
le roulis est un shit qui monte dans nos lombes
le soleil un nard patient qui nous plombe
Mais pour l’homme ces feux sont une manne
un temps à lui donné pour regarder son âme
Que le chemin est long puisque la terre est monde
et demain est un mal qu'on ne doit à personne
la patience est de règle où le coeur abandonne
le pas qui se soulève
et le sabot qui va
ne marquent même pas les sables insondables
CARMIQUEL Sables
Rappelons que ce site héberge un certain nombre de réflexions et de propositions pour un emploi de l’informatique dans la fonction d’enseigner.
Ces textes sont accessibles par l’onglet "Catégories" ici à droite, nommé «Projet Fulcran »
Il semble que ce souci soit désormais partagé par de grands acteurs industriels. Ainsi la société BIC (stylos, rasoirs, etc) vient de sortir une tablette dédié aux enfants dans les écoles primaires. Voici ce qu’on a pu lire dans le Figaro du 3 octobre:
«Le principe de l'ardoise Bic Tab repose sur des principes simples. Chaque élève d'une classe dispose d'une ardoise qui s'utilise avec un stylet ergonomique développé pour les enfants», explique Billy Salha, directeur de Bic Europe. Elle est dédiée à l'apprentissage de la lecture, de l'écriture et des autres matières. L'enseignant peut, depuis un ordinateur, envoyer un exercice à faire à l'ensemble de la classe, ou décider de faire travailler sa classe par petit groupe. Il peut «voir» ce que chacun fait, éventuellement stocker certains travaux sur une clé USB ou sur son PC. L'ardoise Bic Tab est, en outre, conçue pour être très résistante aux chocs.
Les ardoises sont aussi dotées d'un accès Internet. Mais c'est l'enseignant qui garde les clés d'Internet. Charge à lui de décider sur quel site les enfants peuvent aller et même à combien de clics ils peuvent être autorisés. »
Voir l’article complet:
Le Figaro - High-Tech : La tablette numérique de Bic sur les tables d'école
Ordonner des mots modeler des phrases pour vivre parfois de cette jouissance
à quoi rien ne peut se comparer
Etty Hillesum
Camomilles sauvages,
qu'un papillon consulte,
ailes jointes (...)
Yvan Goll
Il y a cependant une loi de l'histoire. Quelle est-elle ? C'est qu'il y a une justice immanente à laquelle les peuples n'échappent pas. C'est que la force s'épuise de son propre ouvrage. C'est que le droit dure, et que, s'il ne prévaut toujours, il se venge tôt ou tard. Le bien est plus fort que le mal. Pourquoi voit-on alors si souvent le mal l'emporter sur le bien ? – Parce qu'on ne regarde pas assez longtemps. C'est la morale de l'histoire. (Lire Albert Sorel, Nouveaux essais d'histoire et d
Cardinal Saliège.
Je ne compte pas mes emprunts, je les pèse.
Montaigne.
On est de son enfance comme on est d’un pays.
Saint-Éxupéry
Il arrive au milieu de la vie que la mort vienne
prendre nos mesures. Cette visite
s’oublie et la vie continue. Mais le costume
se coud à notre insu.
Thomas Transströmer
L’expérience ressemble à un cure-dent/ personne ne veut s’en servir après vous
Roland Dorgelès
Si nous devenions violents, nous n’aurions plus rien à défendre.
Dalaï-Lama
La tradition ne veut pas dire que les vivants soient morts mais que les morts sont vivants;
Chesterton
Jésus annonçait le royaume et c’est l’Église qui est venue.
Alfred Loisy
( Les Français ) veulent l’égalité dans la liberté et s’ils ne peuvent l’obtenir, ils la veulent encore dans l’esclavage.
Tocqueville
L’égalité est la plus horrible des injustices
Edmond et Jules de Goncourt
Entre tous les ennemis, le plus dangereux est celui dont je suis l’ami;
Alphonse Karr
Pour descendre dans nous mêmes, il faut d’abord nous élever.
Joubert
je vais rendre l’électricité si bon marché que seul les riches pourront se payer des bougies.
Thomas Édison
Un homme doit souvent sa carrière à sa première femme et sa deuxième femme à sa carrière.
Maurice Horgues
Les voyages prouvent moins de curiosité pour les choses que l’on va voir que d’ennui de celles qu’on quitte.
Alphonse Karr
L’eau de Lourdes peut démarrer une auto
Picabia
La rapidité d’un succès dans les faciles entreprises comme la brutalité d’un échec dans les difficiles ont le même inconvénient de nous rendre trop vite à la réalité.
Aussi les entreprises impossibles sont celles qui nous attirent le plus: au moins est-on assuré qu’elles seront de longue haleine.
N’exister que de résister est-ce être?
Il y a des avantages à mener une double vie. On peut se prévaloir, dans l'une, des succès que l'on atteint dans l’autre et fustiger dans celle-ci les entraves que l’on nous met pour nous faire tout échouer.
Il y a tant de coupables qu’il faut bien un innocent.
Qui d’autre mieux que moi?
Une question qu'on ne doit pas manquer de se poser lorsqu'on lit un ouvrage d’un auteur contemporain est: « Mais qu'a fait l'héroïne?"
On se contente souvent d'avoir l'air quand il faudrait en avoir l'être.
La langue qui parle de Dieu c'est la théologie. La langue qui parle à Dieu, c'est la prière.
Le poète est sourd aux mots d'ordre et aux modes de mots mais vigilant à l'ordre des mots.
"Qui est le plus moi du fils de ma fille ou du fils de mon fils?" dit le père.
"Qui est le plus moi de la fille de mon fils ou de la fille de ma fille?" dit la mère.
Est-on déjà dans le péché quand on ne caresse que l’idée?
Quoi qu’il arrive l’actualité de la planète fait x pages dans le Figaro et y dans Libération.
L’orchestre nous joue la 8ème de Beethoven. Fera-t-il encore des progrès et il nous jouera la 9ème.
Un et un font deux. En deux sont un et un. Rien d’autre?
Le tas fait-il un tout?
La différence fait le bord
Pourquoi est-ce à douze que la pendule prend une heure de plus?
On ne dit plus monsieur: personne ne veut être le sieur de quiconque.
Être différent, quel programme! Faire la différence par contre...
Le droit à la différence est-il un droit à différer?
Ou à avoir des différents avec ses pareils.
Différents mais pas singuliers
"Nous" n'est pas un pluriel.
UNE ÎLE
Une île
l’oeil cligne et l’horizon vacille
enfin l’avenir s'illumine
il s’en fallut d’un cil
y a-t-il
une terre pour nous
où péril s’isole
et l’exil se console
une île
si c’était elle
une île
de talc
entre le sel et l’iode
et que la pluie impacte
et le ressac érode
une île
moitié de ciel
et moitié d’ombre
le bonheur ne doit rien aux nombres
et le profit - s’il s’y révèle -
jamais partiel
Midi y est justice
des équinoxe aux solstices
Avril est de canicule
et l’automne de déluge
et l’océan qui est de parole
délivre un vent toujours ponctuel
île
l’aplomb va bien aux filles
mais l’idylle est facile
et directe l’invite
le béguin dure une biguine
Nuits
sous la lune
l’insomnie est lucide
c’est l’alcool qui console
et les clins des lucioles
île
un peu comme une ogive
d’argile
la piété est pensive
mais la foi s’amenuise
vivre vire à la routine
et vite l’horizon nous confine
île
la gloire le prestige
les exploits de la Ligne
ne sont plus
ou sinon de vestiges
île
l’oubli le déni sont subtils
le rire est une esquive
et le serment
toujours de profil
île
un cratère y fulmine
seul
et d’une ire inutile
une île
l'illusion y culmine
non il n’est pas de terre pour nous
l'exil nous rattrape partout
CARMIQUEL Une Île
Le 1er Juin, débarquement vers 5 heures à Ramsgate (Angleterre) - Les pelotons de G.R.M.sont immédiatement dirigés par train sur Plymouth, où ils arrivent vers 21 heures. Ils embarquent aussitôt sur le Paquebot VILLE D’ALGER et débarquent le 2 juin à Cherbourg.
/ la retraite jusqu"à la Loire /
Dimanche (2 Juin) 1940
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Nous arrivons en rade de Cherbourg à 6 heures.
À 12h30 nous débarquons.
Départ de la gare de Cherbourg à 17h10.
Arrivée à Caen vers les 20 heures.
Le 3 Juin 1940 (Lundi)
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Départ de la gare de Caen à 11h10.
Arrivée au Mans à 17h30.
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Le 3 Juin le Capitaine TOUNEMIRE et le P.M. 7/4 arrivent au Mans (Sarthe), lieu de leur résidence où ils avaient été désignés.
16 juin 1940 (dimanche)
Vers 15 heures le capitaine cdt la 3e Cie se rend à la Région pour voir s’il y a des ordres en ce qui nous concerne - Il apprend que l’E.M de la 4° région quitte en tout hâte Le Mans.
Le capitaine Tournemire se rend alors auprès du colonel cdt la Région li explique ce qu’il a vu et entendu à l’E.M de la Région.
Le colonel cdt la Région ordonne de nous replier sur Rennes en 2 etapes. 1er étape Le Mans-Vitré - 2è étape Vitré - Rennes -
Départ de Cavaignac à 17h30;
1 Peloton motorisé (7/4)
2 Pelotons à pieds (8/4 9/4)
Arrivée à Vitré vers 21h30.
La camionette du PM 8/4 arrive le 17 à 2 h.
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Le 16 Juin, la Compagnie de G.R.M qui s’était regroupée au Mans (sauf blessés et prisonniers) quitte le Mans pour Vitré avec l’État-Major de la 4è Légion de G.R.M.
17 juin 1940 (lundi)
Vers 10 heures l’E.M de la Région nous rejoint à Vitré -
Le Cdt qui devait se rendre à Rennes reçoit l’ordre de rester provisoirement à Vitré
Vers 19h son Cdt fait former la Cie par groupes de combat. Vers 20h ces groupes vont occuper les barrages établis à Vitré.
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Le 17 juin, la G.RM. stationne à la Caserne des Gardes à Vitré.
18 juin 1940 (mardi)
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À 6h30 le colonel cdt la Cie fait appeler le cdt de la 3e Cie et lui prescrit de faire relever les barrages en vue de nous replier sur Chateau-(Thébaud?).
Départ vers 7 heures.
Vers 16 heures nous traversons la ville de Nantes
Arrivée au cantonnement (à 15 km en arrière de Nantes) à 17 heures.
Le 18 Juin, l’Etat-Major de la 4è Légion et la 3è Compagnie se replient sur Nantes où ils passent la Loire et cantonnent au Souricières.
Le 19 Juin 1940 (mercredi)
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La matinée repos.
Nous attendons des ordres pour savoir quelle sera la destination que nous devrons prendre.
Vers 10 heures le colonel EM envoie un garde motocycliste à Nantes où il reçoit l’ordre verbal de revenir à Nantes;
À 12 heures un agent motocycliste apporte un pli contenant l’ordre écrit de nous rendre à Nantes.
À 13 heures départ du cantonnement.
En cours de route un officier nous prévient que l’ennemi est très près. Nous en informons le colonel qui n’en tient nul compte.
À 18h30 nous arrivons à Nantes où nous sommes reçus par les Allemands -
Nous sommes prisonniers -
Nous sommes dirigés sur la caserne de RM. Nous rendons les armes sauf pistolets.
Le 19 Juin au matin, le Colonel commandant la 4è Légion de G.R.MM ayant reçu l’ordre du Général commandant la Place de Nantes (alors que celui-ci n’était pas encore prisonnier) de se mettre à sa disposition - L’Etat-Major de la 4è Légion et la 3è Compagnie de G.R.M. rentrent à Nantes le 19 Juin après-midi vers 14 heures où sont les Allemands depuis midi
Après des pourparlers entre les troupes allemandes et le colonel commandant la G.R.M, l’État-Major de la 4è Légion et la 3è Compagnie de G.R.M sont dirigés sur la caserne des Gardes Mobiles à Nantes pour aider ces derniers à assurer le service d’ordre.
Le 20 juin (jeudi)
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Vers 10 heures nous quittons la caserne de la RM pour aller occuper notre nouveau cantonnement. (rue Goulnier (?) Nous créons une popote.
Le 21 Juin 1940 (vendredi)
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Le personnel assure la circulation en ville. Chaque militaire en service est porteur au bras gauche du brassard portant le tampon allemand.
Le 22 Juin 1940 (samedi)
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Repos pour tout le personnel.
À 18h30 l’armistice est signée avec l’Allemagne.
Le 23 Juin 1940 !Dimanche)
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Servons en ville.
Le 24 Juin (Lundi)
R.A.S. Armistice signée avec l’Italie.
Le 25 Juin (Mardi).
Vers 1 h fin des hostilités.
Ordre de regagner Le Mans le 26 à 7 heures
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Du 20 au 25 Juin la 3è compagnie de G.R.M au Mans assure le service d’ordre.
Le 26 Juin la 3è Compagnie rejoint Le Mans où elle assure la police en attendant le retour de la Gendarmerie et sa dissolution.
26 JUIN 1940 (Mercredi)
Rassemblement de la Compagnie à l’E.M Légion à 6h45.
Départ de Nantes à 7h30.
À 8h le Garde Dela est accidenté. Il est amené au Mans avec la voiture de liaison de la Cie.
De 12h19 à 1h arrêt à Château-Gonthier (déjeuner).
(Arrivée au Mans , Place de la République, à 6h35 (heure allemande). Le Capitaine se rend à la kommandantur Allemande.
Nous cantonnons à l’Institution Ste ..... rue de Tascher.
En cours de route nous avons été escorté par la Feldgendarmerie -
/Une page blanche, deux feuilles absentes, 6 feuilles blanches:
avant-dernière page, retournée (= 2é du carnet retourné)/:
DHENIN Pierre, Leon, Auguste
né le 23 décembre 1919
à Auchel (P.D.C)
Instituteur 32 Boulevard François Ier Institution Notre-Dame Le Havre (S.I)
avait été incorporé le 1 Juin
/dernière page = 1er du carnet retourné/:
Une liste de noms et n° (de code?) avec en face les noms suivants:
Dela, Brequi, bordeau, chef Roce, ajd Fuik, Passoux, Mayer, Weippat, Anglade, Poirier, Lt Duval, Miquel, Fagnet, Poyen, Adj Gauthier.
FIN