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21 mars 2008 5 21 /03 /mars /2008 17:40

Molière nous en a prévenu: de toutes les professions celles de thérapeutes sont celles l'on est le mieux disposé à l'escroquerie. À notre époque, les psychologues tiennent le pompon. On serait en droit d'attendre de ses spécialistes qu'ils disent quels effets nous devons craindre de notre propre caractères et des humeurs d'autrui, de nous informer des phénomènes mentaux qui risquent de perturber le climat de nos jours. En somme, qu'ils surveillent, la météo des passions humaines et recommandent quelques préventions et précautions. Ces descriptions de nos paysages intérieurs, de leurs douceurs et de leurs ravages étaient l'apanage des écrivains. Au demeurant c'est toujours dans nos Universités de Lettres que les psys acquièrent leur savoir. On y est plus tolérant à la fantaisie.
Mais, jaloux du prestige des savants, et du train de vie des médecins. leur discipline a emprunté à la Science sa démarche: la recherche des causes. Des causes de nos météores intérieurs. Car savoir pourquoi souffle l'ouragan pose mieux son homme que de barreauder les volets.
À la différence des savants ils ne se sont pas mis en tracas d'appareil(lages)s de démonstration coûteux ni de coûteuses installations de soins. Une antichambre à la maison, un cagibi dans un collège, un hangar partagé avec une chapelle ardente au bord d'une piste d'aéroport leur conviennent parfaitement.
Il est vrai qu'ils ont à intervenir sur des "organes" de peu d'encombrement: la mémoire et l'imagination. Leur malade ne se souvient pas de ce dont il doit se souvenir et mal de ce dont il se souvient. En raison de quoi il imagine mal ce qu'il doit imaginer. Le malade l'est toujours de l'imagination: Son imaginaire est malade.
Il suffit dés lors de lui dire quoi et comment il doit se rappeler des choses qu'il doit se rappeler.
Aussi quand vient le moment de le/la quitter le/la psy ne tend pas une ordonnance mais cette prescription: "Puisque vous savez maintenant les causes de votre mal, guérir vous revient". Le tarif, ensuite, est à la mesure de la crédulité du malade. Il n'a rien d'imaginaire.


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1 mars 2008 6 01 /03 /mars /2008 13:42

Si tu veux la paix, prépare la guerre. Si tu ne veux pas la paix, prépare la défaite.
Aux fièvres guerrières de nos ennemis, présenter les douces ardeurs de l'amitié, c'est croire que c'est la santé qui est contagieuse.
Un vaincu ne devient jamais un ami mais un serf.
L'amitié qui attache si forts nos ennemis entre eux pourrait fondre d'un coup à notre profit?
Celui-la, qui frappe un visage haï, le défigure-t-il pour en faire un visage qu'il pourra aimerd
Comment aimerons-nous demain en ami celui que nous disons aimer aujourd'hui en ennemi? Si nous l'aimons malgré lui, il sera encore plus difficile de l'aimer pour lui-même.
Si seulement nous pouvions choisir nos ennemis!
Au demeurant est-ce dans le camp de nos plus irréductibles rivaux que nous irions les chercher?
Si un ennemi nous a choisi, c'est qu'il sait pouvoir mettre son triomphe sur notre compte.
Il est aisé de constater qu'on trouve plus de pacifistes dans le camp de ceux à qui leur imprévoyantes légèretés font craindre la défaite que dans le camp de ceux qui sont assurés que la victoire couronnera leurs politiques et rendra justice à leur bon droit.
On n'entend plus les pacifistes après la guerre. pourtant leur moment n'est-il pas venu? Le moment de faire aimer la paix dans les deux camps?

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21 février 2008 4 21 /02 /février /2008 11:31

En poésie la langue n'est pas un média mais un médium.

D'une société qui a déclaré le droit de se séparer de sa progéniture (avortement), de son conjoint (divorce), le droit à donner congé aux incurables (euthanasie), on pourrait attendre qu'elle reconnaisse plus facilement le droit de se séparer de son employé (licenciement), ou de son locataire (expulsion).

La vieillesse est une charité que nous fait le sort. Elle éteint lentement, un à un, nos sens et elle rend notre vie moins vive ou moins invivable jusqu'à l'extinction totale.

Dire merci ce n'est pas tant reconnaître un dette que d'accepter un grâce.

Pourquoi ceux qui, dans le roquefort, prennent le vert et laissent le blanc sont-ils les mêmes qui, dans le poireau, font l'inverse?

Démocratiser c'était naguère instruire le Peuple des usages de l'aristocratie, c'est aujourd'hui souscrire aux coutumes du peuple.

Ils veulent de la proximité? Ils auront la promiscuité.

Ceux qui ignorent tout ce qu'il faut connaître sont aussi ceux qui pensent qu'ils en savent déjà assez.

Justice est fête.

Bon sens ne saurait mentir.

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15 février 2008 5 15 /02 /février /2008 17:20

Le gratuit fait débat: est-il le signe avant-coureur de la société de demain?
Convenons qu'il a d'illustres précédents: nos seigneurs moyen-ageux disposaient auprès de leurs vilains, sans verser livre-tournoi, écu et même le moindre sol, de l' approvisionnement de leur cuisine et de leur cellier tout la long de l'an. Pas loin de là le réitre avait, à sa discrétion, chez l'habitant, le gite et le couvert.
On a du mal à imaginer tout de même les serfs heureux. Il fallait pour faire tenir tout cela ensemble une bien grande Foi et crainte de Dieu.
L'Histoire prit un cours malheureux quand on y décida de payer le travail: pour le manouvrier un salaire, une solde pour le soudard...
Mais le cours du temps va maintenant "aller dans le bon sens". Navigation dans les fichiers à remplacé chevauchées dans les halliers, téléchargements, mises à sac et échange pair-à-pair, partage du butin.
Mais quelle Foi nouvelle nous fait tolérer tout cela, quelle crainte de quel enfer? Le Changement et la crainte de cette neuve impiété: la Ringardise.

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9 février 2008 6 09 /02 /février /2008 18:58

Victor Hego: - La pauvreté dans le Monde, la misère de nombreux pays, grandissante et multipliés, tout cela doit vous interpeler et le problème de la Dette des Pays pauvres occuper vos réflexions quelquefois?
J-e T:- Pas ainsi que vous le pensez, sans doute... Voyez -vous je pense que la Dette n'est pas un si grand problème.
V.H: - Êtes-vous à ce point insensible aux protestations qui montent de partout?
J-e T: - Sans doute. Et je pense que ce n'est pas tant la Dette qui pose problème que le Remboursement. On semble en effet se plier assez bien à la première et c'est la seconde qui fait lever tant de boucliers.
Avez-vous remarqué que la dette ne réclame qu' un petit nombre de ministres et de plénipotentiaires d'institutions financières internationales ce pendant que le Remboursement allume les feux de l'actualité qui embrasent à leur tour les Opinions?
V.H: - Il y a du vrai; Mais alors quelle solution pour le Remboursement?
J.e T: - Il faut l'annuler. Il ne mérite pas mieux. car il a désespéré les esprits les plus novateurs, ruiné les entreprises les plus grandioses. Ce serait un comble de lui rendre cet hommage: lui verser ses gages;
V.H: - C'est vrai ses dégâts sont immenses.
J-e T: - Il est donc légitime de les lui faire payer.
V.H: - Il faut réparer d'urgence! Et comment?
J-e T: - il faut ouvrir largement des lignes de crédit. Ne pas lésiner sur les aides. Ne pas mettre de discriminations à l'Emprunt. Pourquoi seuls les riches y ont-ils droit?
Et chasser à tout jamais le Remboursement.
V-H: - La Rente voilà la solution!


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6 février 2008 3 06 /02 /février /2008 08:59

S'il devait n'en rester qu'une seule:
A la sortie de son procès, sur le parvis du tribunal Marion Jones qui vient d'être condamnée. Pour dopage. La sentence est lourde et elle sait que demain on retirera son nom des tablettes olympiques.
Devant la Presse, elle répète ses aveux, assume ses forfaits, fait contrition, fait repentance.
Cheveux tirés, tailleurs strict, visage hâve.
Où est la pin-up des starting-blocks, la jeune athlète aux fins de courses irrésistibles, la jeune femme éclatante devant les caméras, drapée du drapeau américain et acclamée par tout un stade:
À l'esthétique d"Esthée Lauder succède ici le pathétique sulpicien.
Mais on est toujours au spectacle.
Devant leur écrans des millions de jeunes gens, de jeunes filles la voient, la verront, en boucle, qui dénonce les faussetés, les faux-semblants, les mensonges de cette société dont elle était l'idole.
L'icône de la revanche des humiliés, de la noire émancipée par le sport, de l'exaltation de soi dans la compétition avec les autres. de la starisation par la médiatisation des caprices et des déviances d'une vie de moins en moins privée, de plus en plus friquée.
Avec elle on pouvait - on devait - croire que la gloire était au bout de l'effort. de la confiance en soi, du dépassement de soi. Elle ruine là cette croyance. Et toutes les autres qui allaient avec...
Mais les millions d'yeux qui la regardent voient aussi que tournent encore les caméra et qu'une gloire nouvelle jaillit de la déploration, de la dénonciation, de l'exaltation de l'innocence trompée, de la pureté native que rien ne vient ici-bas récompenser, sauf le feu peut-être.

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26 janvier 2008 6 26 /01 /janvier /2008 11:28

À ce signe on verra qu'on a changé d'époque: ces enfants de trois ans abandonnés dans le petit matin devant la porte d'une crèche, jetés, huit heures par jour, dans la promiscuité braillante, querelleuse d'une dizaine de leurs semblables, nous soulèvera du sentiment que nous inspire aujourd'hui l'idée de ces enfants du XIXè siècle plongés dès six ans dans le maelström prolétarien des mines et des manufactures;

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10 janvier 2008 4 10 /01 /janvier /2008 18:03

Au fronton de sa boutique, le journaliste a affiché: "Nouvelles". Il lui faut fournir maintenant! Car "Quoi de neuf ?" entend-il qui vient de partout.
Aussi court-il après le nouveau, les nouveautés pour nous en donner des nouvelles; des bonnes et des mauvaises. Rien de nouveau, mais à nouveau: une mère qui pleure, un penseur qui ricane, un prêcheur qui condamne, un lideur qui enflamme, un ligueur qui rassemble, un émeutier qui ameute... Rien de neuf. L'actuel n'est pas nouveau.
Le journaliste ne voudrait pas que ce soit le dit. Arrive un prophète nouveau un prophète du nouveau, un prophète à nouveau, il lui tend un micro illico.
"Que nous annoncez nous d'inédit?
-Un autre Monde, nouveau."
-Est-il différent de l'ancien Monde Nouveau (Changeait-il du précédent d'ailleurs?).
- Quoi, vous voulez donc l'Ancien à nouveau?
Rien de neuf.

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22 décembre 2007 6 22 /12 /décembre /2007 14:00


Le temps inclinait à l'automne
Le Tarn allait à la Garonne

Les hirondelles aux échalas
l'aronde
grêlaient comme des jets de frondes
sur les raisins gorgés d'arômes
et leurs cris de fous à lier
faisaient vibrer les espaliers


C'était au temps où de lourdes tonnes
partaient d'ici vers la Gironde
la vie alors semblait sans bornes
et à piller les échalas
les étourneaux jamais las

Les rives avaient la couleur des tesselles
de celles qui s'effondrent
des chantiers de Saint-Michel
Blond tuilé aussi celle
de l'eau
lorsque vers Naucelle
la boue des orages qui grondent
l'abonde
Ici on est riverain
comme d'autres sont cousins
ceux de l'amont comme des aînés
toujours parlent en premier

Pour autant à compter de la Saint Pacôme
c'est des côtes vigneronnes
que venaient les voituriers
de leurs chariots jeter l'aussière
à nos chalands

Leurs gaffets mâchonnaient des gommes
tirées des sèves des osiers
Quand un tonneau mal manié
passait le rebord des ridelles
ils entendaient siffler flagelles
et dans les ronces des halliers
les alouettes les railler

Sur les poulains roulaient les tonnes
remplis des vins mûris en foudres
les mouts des muids poussaient les bondes
les blancs sucraient la paille des bonbonnes


Si l'autan nous avait à la bonne
dans le courant nous plongions nos gaules
juste un peu pour faire semblant
Au portant et si rien n'encombre
trois jours suffit
pour rallier Bordeaux.

CARMIQUEL


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14 décembre 2007 5 14 /12 /décembre /2007 10:46

On néglige beaucoup la gratitude que nous devons à nos enseignants, à nos artistes, à nos faiseurs de modes et d'opinions. À ceux qui ont popularisé auprès des jeunes gens et des jeunes filles les "fais ce que voudras", "deviens ce que tu es", "donne sa chance au poéte qui est en toi" etc...
Quelle prescience il ont eu du monde qui allait venir! Où la désindustrialisation allait volatiliser des milliers d'emplois! Autant que les jeunes gens n'eurent pas à prendre en charge. Finies ces vies industrieuses et médiocres: celles de leurs pères. Pour eux s'ouvraient en grand les voies de l'Art et du Spectacle... Carrières incertaines, succès aléatoires, concurrence endiablée, qu'importe la "vache enragée" ne fait-elle pas partie des figures imposées; Artiste, jeune espoir, star de demain cela ne valait -il pas qu'on s'installe en précarité permanente avec la maigre solde d'un RMIntermittence plutôt que de venir grossir un marché de l'emploi traditionnel, sinistré?
Le succès a pris un telle ampleur qu'on ne trouve plus assez de monde pour des travaux, indispensables, de basses oeuvres assurément, et que l'on doit recourir à la main d'oeuvre étrangère. laquelle a des enfants qui se persuadent vite, eux aussi, qu'ils ne sont pas là pour faire ce que fit leur père. C'est pourquoi faut-il faire appel maintenant à leurs oncles et bientôt à leurs cousins.
Mais quelle prescience aujourd'hui doit-elle nous guider dans nos conseils aux jeunes gens; maintenant que l'appauvrissement est à ce point que nous ne pouvons vouer à la Culture et au Spectacle, dont les réalisations ne rencontrent un public que lorsque elles sont gratuites, "portes ouvertes", subventionnées ou téléchargeables, que des dépenses de plus en plus intermittentes?


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